Certification électronique au Burkina Faso

Le président de l’ARCE Mathurin Bako ‘’ la certification électronique s’impose pour sécuriser notre cyberespace’’

L’Autorité de Régulation des Communications Electroniques (ARCE) en collaboration avec l’Agence nationale de certification électronique de Tunisie a lancé depuis le 17 février 2011, le processus de certification électronique au Burkina Faso. Pour mieux connaitre les enjeux de ce processus, nous avons interrogé le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques, Mathurin Bako qui nous donne dans l’interview qui nous explique la démarche entreprise par sa structure pour sécuriser le cyberespace.

1) Monsieur le président, l’Autorité de régulation des communications électroniques a engagé un processus de certification électronique depuis le 17 février 2011.
De quoi s’agit exactement ?
Je vous remercie pour l’occasion que vous nous donnez de parler de l’opération de certification électronique. Disons que notre rôle est de sécuriser le cyber espace pour permettre à l’ensemble des utilisateurs d’utiliser les réseaux électroniques pour pouvoir communiquer. Parce que de plus en plus, ces réseaux sont utilisés pour transmettre des documents. Lorsque vous regardez dans l’administration, la plupart des services utilisent l’ordinateur. De plus en plus, ces machines vont devenir le quotidien des services publics tout comme des services privés. C’est ce qui nous motive à organiser cette opération de certification électronique pour renforcer la confiance du public dans l’utilisation des réseaux électroniques.
2)  Qu’est ce qu’un certificat électronique
Un certificat électronique est une pièce d’identité sur le net. Lorsque vous envoyez un document à quelqu’un, cette personne veut être sûre que c’est vous qui êtes l’initiateur de ce document. Vous savez, sur l’internet, beaucoup de documents circulent mais la plupart sont des documents qui ont des objectifs pas toujours très sains. C’est pour cela que le certificat électronique s’impose. Lorsque vous signez un document à destination de quelqu’un, cette personne en recevant ce document peut s’assurer qu’il provient effectivement de vous. Un certificat électronique fait donc office de pièce d’identité sur Internet et permet d’établir un environnement de confiance entre deux entités ou entre deux personnes.

3) Combien de types de certificats délivrez-vous ?

Il y a quatre types de certificats.
• Le certificat de signature électronique,
• Le certificat VPN,
• Le certificat de code
• Le certificat serveur pour les sites web
Parce que lorsque vous êtes sur un site web, vous voulez être sûrs que vous êtes sur le bon site. Il faut donc que le site soit certifié pour vous rassurer parce que des petits malins peuvent aller se mettre à coté pour arnaquer les visiteurs du vrai site. D’où la nécessité de certifier les sites web.

4) Vous avez tout à l’heure évoqué les avantages à avoir un certificat électronique. Mais quels sont ceux qui peuvent prétendre à un certificat électronique et dans quelles conditions ?

Tous ceux qui utilisent les réseaux électroniques comme l’Internet peuvent prétendre à un certificat électronique. Nous avons cité les quatre types de certificat. Ainsi tous ceux qui ont une adresse électronique ont besoin d’un certificat de signature électronique. Il faut préciser que le certificat marche uniquement avec les adresses.bf et non sur les web mail, c’est à dire le Yahoo.com, hotmail.com, gmail, yahoo.fr etc. il faut donc une adresse qui se termine par .bf. C’est une invitation également aux fournisseurs de services internet à se réorganiser pour que le maximum de personnes au Burkina puisse avoir une adresse .bf. Cela veut dire qu’il faut que les fournisseurs de services internet reviennent sur leurs méthodes de fournitures des adresses électroniques pour permettre au public de disposer de ces adresses en.bf.

5) Quelle est la procédure pour l’obtention d’un certificat ?

Nous avons élaboré des fiches qui figurent sur notre site www.arce.bf dans la rubrique’’ documents’’. Vous y trouverez toutes les fiches que vous devez remplir pour demander le certificat électronique dont vous avez besoin. Vous déposez ensuite la fiche remplie à l’ARCE avec la photocopie de votre pièce d’identité (cnib, passeport etc.). Nous nous chargeons du reste.

6) Les coûts sont ils abordables pour les Burkinabè moyens ?

Les coûts ont été étudiés avec nos amis de la Tunisie. Les coûts sont relativement peu élevés afin que le public puisse y accéder. Pour un certificat de signature électronique, le coût n’excède guère 15 000 F CFA tout compris, c’est-à-dire la carte à puce, le lecteur et la disquette, les frais de transport et le dédouanement. Les autres certificats sont plus chers. Leurs coûts tournent autour de 140 000 F CFA. Les coûts ont donc été bien étudiés et ne peuvent pas être un obstacle à l’acquisition des certificats électroniques.

7) Un mois après le lancement officiel du processus de certification avez-vous le sentiment que le public adhère ?

Oui je sens un réel engouement du public et particulièrement des professionnels des TICs. Cependant, je pense qu’il nous faut davantage expliquer au public à quoi sert le certificat parce que ce sont des technologies qui sont nouvelles et il faut insister sur l’explication. Si vous n’expliquez pas, le public ne va pas y adhéré. Il nous faut donc montrer au public, particulièrement aux entreprises aux banques et autres opérateurs économiques, la nécessité de certifier non seulement leur signature mais aussi leurs sites web. Il faut que l’ensemble des huit cent sites web existants au Burkina soient certifiés. L’adhésion du public ne viendra que lorsqu’il sera convaincu de la nécessité de cet outil de communication qui sert à créer la confiance entre utilisateurs.

8) Pour l’instant, vous travaillez avec votre partenaire tunisien, à quand votre autonomie ?

Dans le processus de certification, il y a différentes étapes qui sont : l’organe d’enregistrement qui collecte les dossiers des demandeurs de certificats, ensuite l’organe de certification et enfin l’organe d’accréditation. La stratégie que nous avons élaborée consiste dans un premier temps, à travailler comme organe d’enregistrement. Une fois que nous aurons bien maitrisé le processus d’enregistrement, nous allons nous organiser pour être un organe de certification. Apres cela nous évoluerons vers le statut d’organe d’accréditation conformément à la loi. Il est évident que tout ce que nous entreprenons est conforment aux dispositions de la loi. Rien, absolument rien n’est fait contre les textes législatifs. Surtout que c’est nous qui sommes chargés d’appliquer la loi. Mais si dès à présent, il y a des entreprises qui possèdent les moyens pour être organes de certification, nous allons les accréditer. Mais nous serons chargés de les contrôler. Or, vous ne pouvez contrôler quelqu’un que si vous-même vous savez faire le travail qu’il fait. Mais aujourd’hui au Burkina, je ne sais pas s’il y a une société outillée pour demander une accréditation parce que le niveau technique requis est très élevé.
Notre stratégie est donc de partir d’organe d’enregistrement pour évoluer vers un organe certification pour devenir organe de d’accréditation chargé de superviser tous les organes de certification.

9) Ce n’est pas demain la veille que vous allez impliquer le privé dans la certification ?

J’ai dit tout à l’heure que si des acteurs du privé sont en mesure de délivrer les certificats, nous allons examiner sérieusement leurs demandes mais il faut qu’ils démontrent leurs compétences et que le matériel qu’ils vont utiliser pour délivrer les certificats soient certifiés par nous. Il faut aussi pour qu’ils prouvent que leur personnel est formé comme il se doit. Les locaux même de ces privés doivent être inspectés puisqu’ils vont recevoir des données sur des personnes, ils ne doivent pas les entreposer n’importe comment car ce sont des données à caractères personnels.

10) Un mois après le lancement du processus êtes-vous optimiste ?

Oui j’ai bon espoir que le processus va prendre. Cela dépendra simplement de la stratégie que nous allons mettre en place pour que cette technologie puisse pénétrer l’administration et le secteur privé. Il nous faut mieux nous organiser pour expliquer davantage la nécessité de certifier les sites web, la nécessité de certifier les signatures électroniques, les signatures codes, c’est-à-dire les développeurs de logiciels.

11) Quel appel avez-vous à lancer aux utilisateurs pour conclure cet entretien ?

Je voudrais rassurer les utilisateurs que nous sommes à leur service pour leur donner l’assistance dont ils ont besoin. Je lance un appel à tous ceux qui utilisent l’internet qu’il est indispensable d’avoir une adresse .bf. Nous invitons les fournisseurs d’accès internet à fournir de plus en plus des messageries avec des adresses en .bf. Ce que nous souhaitons est que de plus en plus, les utilisateurs viennent solliciter des certificats électroniques pour que la confiance dans l’utilisation des réseaux électroniques puisse se renforcer car, la certification électronique s’impose pour sécuriser notre cyberespace. Le rôle de l’ARCE est de sécuriser le cyberespace et elle s’emploie chaque jour que DIEU fait à renforcer notre cyberespace.
Source : http://arce.bf/spip.php?article174

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À propos kkadio
Kabou Kambou / Kadio works at the Pan African Intergovernmental Agency, Water and Sanitation for Africa (WSA), formerly known as CREPA (African Centre for Water Supply and Sanitation) since 1997. Holder of DSSID EBAD Dakar, I have a good knowledge on the WASH sector in Africa, its issues and challenges as well as its actors. Currently I am responsible for knowledge management at WSA. I participated in the implementation of French Network for Water and Sanitation (RéFEA), Network for Information and Documentation on Environment in Burkina Faso (RIDEB) and the African Water Information System (AWIS). I set up the Documentation Center of WSA, build WSA knowledge data base and contributed to the production and distribution of several newsletters including Info CREPA and Sources Nouvelles. Also, I have knowledge in the field of information management and facilitation of networks and information portal. I developed several blogs, social networks and microbloging. --------------

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